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  • Françoise Schmuck

Voyage au pays de l'indigo

Mis à jour : 3 avril 2019

Trois familles pour un tissu.


Il était une fois, trois familles hongroises qui se partageaient un savoir-faire ancestral de génération en génération. Il s’agissait d’un tissu d’un bleu si profond, aux motifs floraux d’une blancheur si délicate, que seuls les plus patients et les plus adroits des artisans pouvaient en maîtriser la technique. 

En plus de huit heures de processus, le coton était bouilli, rincé, teint, pressé, paré de motifs par l’application de planches à imprimer, sur-teint, rincé, lavé, séché, amidonné, teint une dernière fois, pressé puis plié. Les étapes étaient nombreuses mais le résultat éclatant. 

On baptisa le tissu « Blaudruck » ou « Bettelkelsh » et la technique pour l’obtenir « teinture au bleu de réserve ». C’est pourtant sous le nom de « tissu indigo », qu’il se fit le plus connaître, à l’instar de son jeune cousin indien. 

Le monde entier observait ces artisans d’Europe centrale et bientôt, on décida de le lister aupatrimoine culturel immatériel de l’humanité, au même titre que l’artisanat de la soie ou du brocart en Chine, le flamenco en Espagne ou la dentelle au point d’Alençon en France. 

Le Bettelkelsh est aujourd’hui encore produit de manière artisanale par trois familles hongroises. Les motifs sont creusés dans des planches rectangulaires en bois d’arbre fruitier qui sont apposées sur le tissu. Elles créent ainsi des « réserves » blanches dans lesquelles la teinture ne pénètre pas. Fabriqué depuis le XVIII, le Bettelkelsh a été classé au patrimoine mondial immatériel de l’humanité par l’UNESCO en 2018. 

Le tissu indigo hongrois artisanal est mis à l’honneur par Françoise dans sa collection « Indigo », à découvrir lors de la présentation de collection, les 5 et 6 avril prochains. 




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